samedi 13 décembre 2025

 

 

                            Texte de Nadera


Oceane
Chère Mamie,

Mamie cela fait déjà 6 mois que tu nous as quitté. Tu me manques tellement. J’espère que tu es bien là-
haut dans le ciel. Ici sur terre c’est la merde !

- Je porte encore mon vêtement de deuil. Toujours habillée en noire, je ne me remets pas de ton départ.
Les jours d’ensoleillement ,je m’habille en gris. Parfois, je t’en l’oreille pour entendre ta voix et les voix
des fantômes qui me hantent dans mes moments de désespoir. Chère mamie le temps n’a pas fait son
travail comme je l’aurais espéré. Je suis souvent tourmentée, en colère et je l’avoue assez désagréable. Je
le sens surtout lorsque mes parents se regardent en soupirant parce que je tire la gueule. Ce n’est pas après
eux mais c’est plus fort que moi. Parfois, j’ai le sentiment de déranger maman. J’aimerais partir mais je
n’ai pas le goût de l’aventure.
Pour le moment j’écris et puis je pleure. J’écris et puis je crie. J’écris et puis je m’apaise. J’écris et puis je
réfléchie. Pour mes études je réussie sans passion sans joie. Qu’est-ce qui m’arrive ? Je sais que ce n’est
pas normal à mon âge comme dis maman et comme tu le disais aussi je devrais être avec mes amies. Mais
il y’a trop de mais dans ma vie. Tu me manques.
T’écrire me fait du bien. S’il te plaît fais-moi un signe ou inspire-moi. Je voudrais te sentir près de moi.
J’écris et puis je me sens mieux.

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Océane c’est prêt. Tu descends ?
Océane : je n’ai pas faim !
Maman : Il me semble que tu as perdu du poids.
Océane : Ne t’inquiète pas pour moi. Je gère.
Maman : Si tu le dis. Mais je sens bien qu’il y’a quelque chose qui te tracasse. Je peux savoir ?
Océane : Pourquoi ?
M : Tu es toujours habillée en noire
O : J’ai le droit de porter mon deuil comme je veux !
M : Oui, mais il faut t’ouvrir et ne pas t’enfoncer dans la déprime !
O : Je ne suis pas déprimée ! Mais je t’en veux.
M : AH !
O : J’ai été choqué hier de trouver dans le tiroir du hall d’entrée un cadeau que mamie m’a envoyé.
Pourquoi tu ne me l’as pas remis.
M : Mais de quoi parles-tu ?
O : De ça !
M : Des gants.
O : Oui des gants que mamie a déposés pour moi. Ils sont magnifiques, elle a même écrit un mot. Je suis
fâchée de les trouver au fond du placard ! J’aurais pu la remercier si j’avais su.
M : Oui je comprends. Pardon c’est un oubli de ma part.
O : Ce n’est pas la première fois maman !
M : Calme-toi.
O : Je ne suis pas énervée mais déçue.
M : Écoute, mamie est aussi ma maman. A moi aussi elle me manque. Tu dois apprendre à tourner la page.
O : Jamais !


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Mamie j’écris et puis j’attends encore et toujours que tu me communiques quelque chose. Ne me laisse
pas s’il te plaît.
Oui je suis déçue par maman et j’ai même de la colère en moi. Je ne sais pas compter sur maman avec ses
oublis fréquents. Elle banalise toujours tout et cela m’énerve ! Mais là c’est trop pour moi. Papa est de
retour et je sais que je serai encore mise sur le côté. J’écris et puis je commence à me décourager. J’ai
envie de te rejoindre.
J’étouffe mamie, je dois ouvrir la fenêtre .



4 commentaires:

  1. Bonjour Nadera,
    Pauvre Océane qui est toute absorbée par le deuil. La relation avec ses parents ne semble pas facile. De plus elle se renferme sur elle-même et ne voit plus ses amies.
    Pourquoi sa maman oublie-t-elle régulièrement des choses ? Est-elle trop tracassée, est-ce un trop grand détachement aux choses ou le signe d'une maladie ?
    La suite nous l'apprendra sans doute.
    Au plaisir de te lire,
    José

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  2. Bonjour Nadera,
    Quel beau texte plein d'émotions et très exemplaire du désarroi d'une adolescente.
    C'est captivant et plein de tendresse.
    Pourquoi le lien entre Océane et sa mère est-il si fort, peut-être même exclusif ?
    Ecrire sur un deuil est chose difficile car il n'y a pas de manière unique d'évoquer cet événement.
    Un peu de joie dans ton prochain texte sera le bienvenu...
    Je lirai la suite avec plaisir,
    Bien à toi,
    Michel.

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  3. Bonjour Nadera,
    Je trouve Océane très attachante dans sa tristesse et sa mélancolie. Je comprends aussi très bien le désarroi de ses parents. Comme le deuil est difficile à vivre !
    J’aime beaucoup la vivacité de tes dialogues qui donne envie de lire et de connaitre la suite.
    Pourquoi la maman d’Océane a ces oublis fréquents ? pourquoi banalise t elle toujours tout ?
    Bonne continuation
    Danièle

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  4. Bonjour Nadera,

    Un texte émouvant et qui traduit avec force le chagrin d’une ado qui a perdu sa confidente, sa Mamie qu’elle aimait plus que tout. Que ce chagrin se fasse colère et se retourne contre sa mère, c’est très bien vu, même si cette colère ne se justifie pas vraiment. L’exagération est assez caractéristique de l’adolescence. Pour le moment on ne peut encore être sûr de rien tant qu’on n’en sait pas plus sur la mère.
    Les répétitions de j’écris et puis… sont un passage très fort.
    Tu as très habilement employé le gris pour connoter ton texte. Une belle réussite. J’espère cependant que tu ne vas pas nous priver d’Océane par un suicide prématuré.
    Il faut que nous la retrouvions dans le prochain chapitre, sous le signe du rouge, face à un bibelot lié à une épreuve. Bien entendu cet épisode peut se situer avant le décès de sa Mamie.
    Bon travail,
    Liliane

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